Neutralité du Net ?

Internet est devenu un moyen de communication incontournable … et même obligatoire !

Pour l’instant, lorsqu’on a un bonnement à internet, quel que soit le fournisseur d’accès (Orange, SFR, Free, etc …) on a droit (en théorie) à la même connexion que le voisin, à la même vitesse, et quel que soit le contenu cherché. C’est la loi en Europe.

Le 14 décembre dernier, la Federal Communication Commission (FCC, l’autorité américaine de régulation des télécoms) a décidé de remettre en cause ce principe d’égalité en autorisant les fournisseurs d’accès à moduler les vitesses de connexion ou les accès aux informations en fonction de ce que les utilisateurs paieront.

Et alors ? C’est l’affaire des Américains me direz-vous …

Mais internet étant universel et dépendant d’entreprises basées aux USA, nous en subirons tout de même des retombées.

Quelles peuvent être les conséquences pratiques pour un utilisateur français quelconque ?

Imaginons que nous voulions regarder un journal d’information en ligne, mais que notre abonnement dépende d’un concurrent, nous pourrions récolter sur notre écran l’avertissement suivant : « Vous n’êtes pas abonné à cette chaîne, si vous voulez voir l’information, vous devez payer 3 euros« .

Imaginons aussi que nous essayions de faire notre déclaration d’impôts en ligne, comme on nous oblige maintenant. Mais comme nous avons un abonnement peu cher, notre débit a été limité par notre fournisseur d’accès, et faute d’aller assez vite, notre demande ne passe pas. Gare alors aux pénalités de retard …

Nous souhaitons chercher qui est l’auteur du Menuet en Sol mineur de Telemann, et nous demandons ce renseignement à Wikipedia. A ce moment là, le moteur de recherche de Google nous signale que nous pourrions trouver ce renseignement beaucoup plus vite sur « Google Memory »(sic) et bloque notre demande …

Etc .. etc ….

Pour une fois que la devise « Liberté, Egalité » (mais pas « Fraternité ») était appliquée au niveau international, voilà encore une décision américaine à contre sens de tout bon sens, justement !

Mais nous pouvons nous attendre à d’autres orientations semblables, puisque, par exemple, pour les automobilistes, on évoque maintenant, et malgré les impôts que nous payons, la possibilité de participer à l’entretien des routes par une vignette qui reviendrait au goût du jour …
Après la remise en question de la liberté de circulation de l’information, ce serait la liberté de circulation tout court qui serait remise en question.

Pierre Dac déclarait : « Rien ne sert de penser, il faut réfléchir d’abord ».
On pourra bientôt dire : « Rien ne sert de réfléchir, il faut payer d’abord »

 

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