Octobre Rose, solutions Vrai-Faux

 Vous avez réfléchi ? Vous avez versé votre obole ?

Vous êtes prêts à confronter vos idées et la réalité du cancer du sein ? Alors allons-y :

Mettre du déodorant augmente les risques de cancers du sein
Faux
Plusieurs études ont suggéré que les déodorants contenant des sels d’aluminium (anti-transpirants) augmentaient le risque de cancer du sein. Des chercheurs suisses ont notamment montré que ces sels avaient des effets néfastes sur des cellules mammaires humaines cultivées in vitro, et qu’ils suffisaient à induire la formation d’une tumeur du sein chez des souris. De là à en tirer des conclusions quant aux risques pour les femmes, de très nombreux experts se refusent à l’affirmer… L’Agence Nationale de Sécurité des Médicaments (ANSM) estime ainsi qu’aucun élément pertinent ne permet de considérer que l’exposition par voie cutanée à l’aluminium présente un risque cancérogène.
Elle recommande cependant de ne pas utiliser ce type de déodorant sur une peau irritée (après rasage notamment).

Il existe des formes héréditaires de cancers du sein
Vrai
Lorsque dans une même famille, plusieurs personnes sont atteintes d’un cancer du sein, on peut suspecter une forme familiale. En effet 5 à 10 % des cancers du sein sont liés à une anomalie génétique héréditaire. Dans la majorité des cas, il s’agit d’une mutation sur le gène BRCA1 ou BRCA2. Être porteuse de l’une de ces mutations ne signifie pas que l’on aura forcément un cancer du sein, mais le risque tout au long de la vie atteint 40 à 80 % : c’est ce qu’on appelle une prédisposition génétique. Pour ces femmes, une consultation d’oncogénétique permet de mettre en place une prise en charge spécifique (surveillance active voire traitement préventif).

Le cancer du sein ne touche que les femmes
Faux
Moins de 1% des cancers du sein diagnostiqués chaque année concerne des hommes. Dans 15 % des cas, ce cancer du sein masculin est lié à une prédisposition génétique. Mais d’autres facteurs de risque interviennent comme le syndrome de Klinefelter (syndrome dû à une anomalie génétique, qui se traduit par un taux d’hormones mâles très bas et au contraire un taux d’hormones féminines très élevé) ; une exposition aux rayonnements et plus particulièrement au niveau du thorax ; une cirrhose du foie (qui a pour effet d’abaisser le taux d’hormones mâles et d’élever le taux d’hormones féminines). La grande majorité des cas masculins de cancer du sein sont des carcinomes canalaires infiltrants, exprimant les récepteurs aux hormones, comme chez les femmes, et sont traités avec le même arsenal thérapeutique.

Les prothèses mammaires augmentent le risque de cancer du sein
Faux
Les prothèses mammaires sont considérées comme des dispositifs médicaux à risque (rupture, inflammation locale…), et sont de fait très surveillées par l’ANSM. Les données actuelles sont formelles : elles n’augmentent pas le risque de cancer du sein. Par contre, il peut y avoir un sur-risque extrêmement faible de développer une forme rare de lymphome (cancer du système lymphatique). Une surveillance régulière est donc conseillée. Par ailleurs, le fait d’avoir des implants n’empêche pas un dépistage régulier par mammographie, il est cependant indispensable de prévenir le radiologue avant l’examen car cela peut compliquer la lecture de la radiographie. Dans certains cas, une IRM peut être nécessaire pour compléter la mammographie.

Avoir des enfants protège du cancer du sein
Vrai
D’après une méta-analyse publiée dans The Lancet en 2002, le risque relatif pour une femme d’être atteinte d’un cancer du sein baisserait de 7 % pour chaque nouvelle grossesse menée à terme. La même étude a également montré que l’allaitement prolongé diminuait le risque de développer un cancer du sein. Pour le moment, les mécanismes en cause dans cette protection restent méconnus.

La pilule contraceptive n’influence pas le risque de développer un cancer du sein
Vrai et faux
Un document signé par le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF) publié en ligne fin 2017 rapporte que la grande majorité des études ne montre pas d’augmentation significative du risque de développer un cancer du sein en cas de prise de pilule oestroprogestative. Les médecins ajoutent que quelques travaux ont cependant mis en évidence un léger sur-risque, qui diminue ensuite après l’arrêt de la contraception pour rejoindre celui des non utilisatrices. Toujours selon le même document, les conclusions des études concernant la pilule microprogestative sont superposables à celles observées avec les pilules oestroprogestatives, bien que les données sur le sujet soient moins nombreuses.

L’obésité n’influence pas le risque de cancer du sein
Faux
L’obésité et la prise de poids après la ménopause augmenteraient le risque de développer un cancer du sein. Les phénomènes en cause dans cette liaison sont encore inconnus. Ils pourraient impliquer le métabolisme hormonal ou encore des mécanismes liés à l’inflammation. En mars 2017, une vaste étude publiée dans le British Medical Journal a mis en évidence des relations entre obésité et plusieurs types de cancers, majoritairement digestifs ou « hormono-dépendants » (c’est-à-dire que les hormones peuvent influencer le développement cancéreux).
Cela montre que l’obésité constitue un facteur à prendre en compte dans le risque de développement d’une tumeur.

Il n’y a aucun lien entre cancer du sein et cancer de l’ovaire
Faux
Il existe un lien dans le cas des cancers héréditaires. En effet, les gènes de la famille BRCA (BRCA1 et BRCA2), lorsqu’ils sont mutés, prédisposent au cancer du sein, mais aussi à celui de l’ovaire. Les risques d’apparition et de développement de ces deux types de cancers sont donc accrus chez les femmes porteuses de mutations dans ces gènes.

Le tabac et l’alcool ont un impact sur le développement d’un cancer du sein
Vrai
Des études ont démontré que la consommation de boissons alcoolisées augmente le risque de développer un cancer du sein. Et il n’y a pas de seuil minimal ! En effet, le l’Institut national du cancer (Inca) explique que 17 % des cancers du sein sont imputables à une consommation d’alcool régulière, même modérée.
Un constat similaire a été réalisé pour le tabagisme. Toujours selon le site de l’Inca, il a été démontré que la consommation de tabac influence bien la survenue du cancer du sein. Ce sur-risque existe également en cas de tabagisme passif (c’est-à-dire lorsque l’entourage fume), mais dans des proportions moindres de celles associées à un tabagisme actif.

Toute grosseur à un sein est synonyme de cancer
Faux
Une grosseur à un sein ne veut pas nécessairement dire tumeur cancéreuse. Il existe de nombreuses entités bénignes pouvant former une « boule » dans le sein détectable par palpation : kyste (une « poche » de liquide), fibroadénome (amas de tissus fibreux et glandulaires), calcifications (dépôts de calcium dans le sein)… Néanmoins, l’apparition récente d’une grosseur dans un sein constitue un signe d’alerte. Il doit amener à consulter un médecin pour que des analyses plus poussées puissent être effectuées.

 

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